Europe Ministère de la Culture et de la Communication Région Réunion Le Port Consiel général de La Réunion
 
L’exposition des félicités
D’UNE RIVE A L'AUTRE
Vernissage le lundi 27 novembre 2017 à 17h à l'ESA

Avec Yasmine Attoumane / Sonia Charbonneau / Erwan Lauret / Antoine Mariani / Anaïs Saint-Agnan / Jayce Salez

Dans le cadre de LA SEMEUSE

© Erwan Lauret

exposition
Se jeter à l’eau pour produire : du mobilier en immersion à Kélonia
le vendredi 17 novembre 2017 de 10h à 12h

projet de recherche Mineral Accretion Factory avec David Enon.
Porté par le laboratoire Arts, Paysage, Insularité de l'ESA et Kélonia

workshops
restitutions
le vendredi 17 novembre 2017 / 10h à Kélonia - 14h à l'ESA

avec les étudiants,

les intervenants : Alice Aucuit, Eric Madeleine, Hélène Benzacar à l'ESA

et David Enon à Kélonia

 

Vision : recherche en art et design
Vision d'artistes

Depuis plusieurs années, les équipes de recherche des écoles supérieures d'art et design sont au travail dans la discrétion des ateliers, dans les espaces poreux où se rencontrent les disciplines, sur des territoires en expansion permanente. Ces équipes suivent des pistes, évoluent parmi les paradoxes, ouvrent des brèches, créent des arcs de tension et essaient des réglages incertains : leurs productions hétérogènes, radicales et multiples sont visibles régulièrement et les spécialistes de l'art en train de se faire ont depuis longtemps repéré qu'il y avait là une inédite poussée contemporaine. Mais avec VISION, à l'invitation du Palais de Tokyo, c'est la première fois qu'un espace-temps de cette nature est ouvert : pendant cinq jours, sur quelques 700 m2, ces équipes de recherche proposent de mettre en partage leur activité et leur production – de la documentation, des archives, des livres, mais aussi des œuvres exposées, des conférences, des tables-rondes et des formes jouées live tout au long d'un programme continu de midi à minuit.

L'ESA Réunion fait partie des 37 écoles supérieures d'art sélectionnées par l'ANDEA pour présenter un projet de recherche artistique au Palais de Tokyo du 13 au 18 avril prochain. C'est le travail de Myriam Omar Awadi, plasticienne et enseignante en volume à l'ESA Réunion qui a été choisi pour figurer au programme de ces 5 jours dédiés aux formes diverses que peut prendre la recherche en art : œuvres exposées, conférences, tables rondes, interventions etc…
Elle présente une vidéo performance intitulée « The artist is shining » faisant partie d'un ensemble d'un axe de son travail autour de « l'esthétique de la broderie ».

THE ARTIST IS SHINING
(série de conférences-performances)
Par le biais d'une installation intégrant un dispositif de lumière, l'artiste, vêtue d'une robe entièrement recouverte de sequins (petit élément décoratif et brillant qui a la faculté de réfléchir la lumière) se transforme le temps de la conférence en boule à facettes humaine émettant des projections de lumière dans l'espace qui renvoie en quelque sorte au décor d'une boîte de nuit. D'où l'intitulé de l'œuvre The Artist Is Shining qui se réfère également avec dérision au titre de la performance The Artist Is Present de la célèbre artiste Marina Abramovic. La conférence-performance diffusée au Palais de Tokyo lors de VISION Recherche en art et design qui s'inspire de formes spectaculaires telles que le concert et le karaoké, a avant tout une dimension documentaire. Elle présente la recherche de l'artiste en révélant les anecdotes ou expériences personnelles qui mènent à l'idée d'une œuvre mais aussi le cheminement, souvent sinueux empli d'échecs, de doutes et d'hésitations, qui s'opère entre l'idée et la fabrication de l'œuvre.

‘Un homme porte une lampe de spéléologue qui éclaire une boule disco miniature, pendue à un fil devant son visage. Sous cette unique lumière, il chante dans la nuit les rythmes sur lesquels il danse'
(Texte exclusivement destiné à l'oralité)
Dans son livre intitulé « Œuvres », Edouard Levé décrit des œuvres d'art dont il a eu l'idée mais qu'il n'a pas réalisées. Le titre de cette communication est une des 533 idées d‘œuvres de l'artiste décrites dans cet ouvrage. Je ne sais pas bien ce que c'est qu'une image mentale, enfin je veux dire que je ne serai pas en mesure d'apporter une définition, un regard philosophique sur la question, pourtant je suis à peu près sure que cette phrase-là : « un homme porte une lampe de spéléologue qui éclaire une boule disco miniature, pendue à un fil devant son visage », puis la suivante : « Sous cette unique lumière, il chante dans la nuit les rythmes sur lesquels il danse » est le parfait exemple de ce que peut-être une image mentale. Et ce qu'il y a d'intéressant ici, c'est qu'en plus d'être le parfait exemple de ce que peut-être une image mentale, cette citation est aussi le parfait exemple de ce que peut-être une image mentale devenue œuvre en soi. Je pourrai en citer d'autres et je vais d'ailleurs le faire pour le plaisir, un peu plus tard. Mais je souhaiterai revenir avant toutes digressions, au contenu de cette idée d'œuvre, celle de l'homme qui porte une lampe de spéléologue, car elle me parait également illustrer à merveille la recherche artistique, la posture de l'artiste explorateur (ici de souterrain mais ce n'est pas une fatalité) et à la fois créateur de mondes (ici un dispositif autosuffisant et assez amusant), de pensées et de savoirs ou voire même de sciences idiosyncratiques. Ce seront exactement les points que je tenterai de développer dans cette communication à tendance narrative : l'image mentale en tant qu'œuvre en soi, la recherche artistique comme savoir idiosyncratique et enfin pour commencer, la question du pourquoi je suis déguisée comme ça aujourd'hui.
Œuvres, Edouard Levé, éditions P.O.L, 2002


Myriam OMAR AWADI
D'origine franco-comorienne, Myriam Omar Awadi est née en 1983 à Paris. Elle vit et travaille actuellement à l'île de la Réunion. A travers une pratique tournée vers divers médiums (dessin, vidéo, céramique, installation...), l'artiste développe une poétique de l'inaction, caractérisée par une esthétique ténue et une poésie du langage, jouant notamment sur la notion d'écriture et avec divers mondes sémantiques (du populaire au savant).
Ses dernières recherches autour de la question du discours à l'œuvre dans le milieu de l'art et de la médiation culturelle (Esthétique de la broderie) et du texte en tant que matière plastique l'ont amenée à explorer d'autres champs liés aux pratiques performatives et à la mise en scène. Suivie par la galerie Béatrice Binoche durant 3 ans, elle participe à diverses foires d'art contemporain telles que : l'Indian art fair (Inde), la Joburg art fair (Afrique du sud), et le salon Drawing Now Paris (France). Elle expose régulièrement ses œuvres à la Réunion et à également présenté son travail à Bruxelles, Hong-Kong et Bangkok.

Du mercredi 13 avril au lundi 18 avril, 12h – 00h

Téléchargez le communiqué de presse de l'ESA

Téléchargez le communiqué de presse de l'ANDEA
 

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