Europe Ministère de la Culture et de la Communication Région Réunion Le Port Consiel général de La Réunion
 
(Art Paysage Insularité).
SEMINAIRE DE RECHERCHE


Au programme :
cinq communications de chercheurs et d'artistes d'approches et d'horizons différents.

13h-13h40 : Yves-Michel BERNARD, « Anne et Patrick Poirier, poétique de la ruine »
13h40-14h20 : Clotilde PROVANSAL, « L'hybride proliférant ou l'infinie vitalité des images »
14h20-15h : Magali COMPAN, « Profondément enraciné dans le présent : Street Art et Mémoire à La Réunion »

Pause (15h-15h20)

15h20-16h : Cathy CANCADE, « Images mentales et espaces imaginaires : Habiter l'espace »
16h-16h40 : Aude-Emmanuelle HOAREAU, « Art performatif chez l'artiste réunionnais Christian Jalma (dit Floyd dog) : création d'un espace de langage pour une mutation des identités »

16h40 : clôture et collation

RESUMES DES INTERVENTIONS

Yves-Michel BERNARD (chercheur, enseignant, ESA Réunion & ENSAM Réunion)

« Anne et Patrick Poirier, poétique de la ruine »
A partir des années 1970, Anne et Patrick Poirier mettent en forme des maquettes d'architecture accompagnées de photographies réalisées durant leur voyage en Italie et au Moyen-Orient. A la suite d'une résidence de cinq années à la villa Médicis à Rome, ils participent à la Documenta VI de Kassel en 1977, puis, grâce à une bourse du Goethe Institut, s'installent durant une année dans le quartier de Kreuzberg à Berlin. C'est durant cette recherche qu'ils expérimentent le film aléatoire : poser une caméra Super 8 contre la fenêtre du tram, au bord d'une rue ou dans l'axe d'une porte cochère, et lui faire enregistrer le paysage urbain, le passage des habitants, leurs gestes et postures. Un vieil homme ramasse des planches parmi des gravats. Des ouvriers achèvent d'abattre des murs de brique dans la poussière. Ces travaux s'inscrivent dans une longue histoire de la peinture débutée avec le romantisme français (Hubert Robert) et allemand (Caspar David Friedrich) du XIXe siècle et suggèrent une pensée du temps illustrant la poétique de la ruine.


Cathy CANCADE (Artiste-plasticienne)

« Images mentales et espaces imaginaires : Habiter l'espace »
« Habiter l'espace » est directement rattaché à un projet de recherche global que je mène depuis fin 2016 à La Réunion et qui s'intitule « Images mentales et Espaces imaginaires ». Il fait suite à une première proposition, « Quand la ligne devient forme », présentée à l'ESA la même année dans le cadre du DNSEP. Lors de ce deuxième volet, la parole est donnée à des personnes déficients visuels dans le cadre d'ateliers de recherches et d'expression plastique afin d'ouvrir le débat quant aux dimensions affectives, senties et ressenties de ces espaces dans lesquels leurs corps évoluent. S'interroger sur la perception du monde qu'ont les personnes privées de vision c'est remettre en question la perception de celui-ci par les voyants. La question qui s'impose alors : Ce que l'on voit suffit-il à dire ce que l'on sait des espaces qui nous entourent ? Il s'agit de s'affranchir du prisme de l'oeil comme vérité première et de questionner nos espaces et nos manières d'habiter pour en révéler la part immatérielle et sensible. Les enjeux d'une telle démarche sont multiples, c'est déjà prendre conscience des limites de certains points de vue et de l'intérêt d'en découvrir d'autres. C'est aussi repousser les frontières du vu et du connu pour se frotter à d'autres formes d'espaces où tous les sens sont en éveil. Quels sont les enjeux d'une telle recherche, quelle est sa portée et quel intérêt présente-t-elle ?


Magali COMPAN (Associate Professor, College of William and Mary, Williamsburg, US)

« Profondément enraciné dans le présent: Street Art et Mémoire à La Réunion »
Au cours de cette présentation, je me propose d'examiner le travail des artistes de rue Kid Kréol et Boogie dont les textes visuels constituent une (ré)articulation de la mémoire et de l'identité à l'île de La Réunion. Dans les zones industrielles abandonnées ou les espaces urbains, leur travail représente de façon constante les Zamérantes, les protagonistes de contes et légendes des traditions orales et écrites de l'île. Les espaces publics choisis pour leurs oeuvres catalysent les messages des oeuvres pendant que les oeuvres reconstituent la signification des espaces et des lieux d'exposition. Le but de ces artistes est de manipuler le traditionnel à travers le contemporain en superposant le réel et l'imaginaire, le passé et le présent. Cette communication soutient que ces (ré)visions de la mémoire prennent la forme d'une superposition de traces qui constituent une nouvelle structure composite. Cette superposition peut être une superposition non seulement de deux moments dans le temps, mais aussi de lieux, d'espaces et de cultures qui produisent une chaîne de signification. Comprendre leur art à travers la notion de palimpseste permet également d'envisager la mémoire comme transculturelle et transtextuelle. L'espace mémoriel – véritable noeud de mémoire – est alors le résultat de constantes interconnections de différentes voix, cultures, espaces et temps.


Aude-Emmanuelle HOAREAU (chercheuse, enseignante, ESA Réunion & CRILLASH)

« Art performatif chez l'artiste réunionnais Christian Jalma (dit Floyd dog) : création d'un espace de langage pour une mutation des identités »
Iconoclastes et flamboyants, les discours et les mises en geste dans l'art contemporain performatif de l'île de La Réunion sont générateurs d'un langage. Les dimensions de ce langage, à la fois verbale (aux frontières du français et le créole) et corporelle, ouvrent des champs de significations nouveaux. Les pratiques performatives constituent ainsi un régime de présence critique et mettent en perspective des problématiques fortes inscrites dans le territoire, entre stigmates du passé esclavagiste, engagiste et colonial et mutations à l'oeuvre dans les identités actuelles. Ces pratiques sont-elles à même, par leurs inventions langagières, de transformer notre rapport à l'identité ? Pour répondre à cette question, nous nous intéresserons aux travaux de l'artiste Christian Jalma dit Floyd dog (né en 1961 à La Réunion), dont les performances jouent sur le discours et remaniement le sens, au croisement des langues française et créole. Son corps qui occupe l'espace de manière apparemment anarchique déploie lui aussi des réseaux de significations, en prise avec des questionnements actuels et notamment le procès de créolisation à l'oeuvre dans les mondes insulaires et l'hybridation du soi dans ce qu'elle a de riche, mais aussi d'angoissant. Ce langage tantôt critique, poétique voire fantastique et prophétique manifeste de nouvelles façons de sentir et de présenter le corps. Il réinvente aussi l'espace dans lequel s'inscrit ce corps.


Clotilde PROVANSAL (Artiste-plasticienne)

« L'hybride proliférant ou l'infinie vitalité des images »
A travers l'expérience d'un laboratoire virtuel, « le Laboratoire des Hybrides », il s'agit d'explorer les enjeux d'une recherche plastique sur l'hybridité à La Réunion. En quoi une image est-elle hybride? Comment la rendre « vivante »? Dans quelle mesure le paysage influence-t-il la structure de l'image? Les travaux qui seront présentés illustrent des oeuvres relationnelles et collaboratives. Elles engagent la participation des publics et interrogent la notion d'hybridité dans la fabrication des images. Elles s'appuient sur des propositions transdisciplinaires, reliant la création au geste et à la pensée. A partir de protocoles définis en amont, ces propositions s'inscrivent comme des expériences ouvertes, sans finalité, des mises en situations qui génèrent des images mentales. Ces projections d'ordre intime, social, culturel sont ensuite dé-territorialisées, transposées dans un autre espace physique (le corps, le paysage, la cour de l'école, etc.). Nous verrons en quoi cette transposition génère un ailleurs, un en-dehors de l'image qui contribue à sa vitalité. Dans cette recherche, l'île devient le creuset d'émergences nouvelles. Ambiguë, utérine, elle offre ses replis à nos désirs projetés et imprime dans sa chair notre sensibilité. Corps vivant, l'île nous invite à l'examiner, à poser sur elle un regard clinique. Cette approche sera développée lors de la présentation d'un projet de recherche
 

Minotaure, 2015. 78 x 111 x 221 cm
Peau de taureau, épingles, clous,polystyrène, mousse polyuréthane, bois, plexiglas, peinture, colle.
Clotilde PROVANSAL
(c) ESA Réunion


 

"Images Mentales Et Espaces Imaginaires" Habiter l’espace
Dans le cadre du lancement de la plate-forme de professionnalisation des jeunes artistes La Semeuse

La démarche de Cathy Cancade s'apparente à celle de l'explorateur-cartographe, arpentant et mesurant le monde dans lequel nos corps évoluent. Dans ce travail intitulé Habiter l'espace cette artiste, diplômée de l'ESA Réunion en 2016, repousse les frontières du vu et du connu en s'affranchissant du prisme de l'œil pour se frotter à la part immatérielle et affective des espaces qui nous entourent. Elle sonde nos autres « manières de voir » et de percevoir l'espace et met en évidence la querelle des sens. Quels sont les enjeux et la portée d'une telle recherche ?

Ouverture autour d'un verre > lundi 9 octobre  à 16h30

Accrochage > du mardi 10 au vendredi 13 octobre 2017 dans la galerie de l'ESA

entrée llibre

(c) Frottements, extrait vidéo 2017. Cathy Cancade

 

Lecture de clôture
lecture de clôture

Docteur en Histoire de l'art, Céline Roux est chercheur indépendant. Spécialiste des pratiques performatives du champ chorégraphique français, elle est notamment l'auteur de Danse(s) performative(s) (L'Harmattan, 2007) et de Pratiques performatives / Corps critiques # 1-10 (2007-2016) (L'Harmattan, 2016). Conférencière, formatrice et enseignante, elle intervient dans des universités et écoles d'enseignement supérieur ainsi que dans la formation des danseurs. Elle collabore aussi aux projets artistiques de danseurs-chorégraphes contemporains que ce soit pour les archives d'artiste, la production de textes critiques et de projets éditoriaux, ou l'accompagnement dramaturgique. Parallèlement à ses activités sur/pour/autour de l'art chorégraphique, elle pratique le hatha-yoga en France et en Inde depuis plusieurs années.

Le corps définit l'espace – Mises en jeu critique des pratiques performatives.
A travers des exemples précis, il s'agit d'interroger le corps et l'espace qu'il occupe ou plutôt d'approcher comment le corps peut se fondre dans et se normer à des conventions spatiales ou, a contrario, mettre en exergue une autre manière de s'engager dans l'espace. Cette conférence évoquera à la fois le lieu théâtre et l'espace scénique comme espace conventionnel à questionner mais aussi les espaces in situ ainsi que les dimensions sociologiques, individuelles et collectives qui relèvent de ces corps « mis en jeu ».

(c) "Re?trospective", par Xavier Le Roy, 2013 ©Peter Ho?nnemann

le samedi 7 octobre  à la Médiathèque Benoîte Boulard à 10H30

  entrée libre

Forum Interprofessionnel des Arts Visuels
Forum en partenariat avec l'ESA Réunion, Cheminement(s) et Lerka


vendredi 13 octobre 2017
École supérieure d'art
De la réunion - le port

Un forum pour les professionnels des arts visuels

Le Forum Interprofessionnel des Arts Visuels a pour objectif de permettre aux artistes et aux acteurs du monde artistique de se professionnaliser et de se rencontrer.
Seront présents des représentants de lieux d'expositions, associations, artistes, critiques d'art, commissaires d'exposition, collectivités locales, État, enseignement supérieur artistique, autour de conférences le matin et d'ateliers pratiques l'après-midi.

Au programme :
le statut juridique et fiscal de l'artiste sera abordé ainsi que la question des droits d'auteur. Les visiteurs pourront échanger tout au long de la journée avec les acteurs des arts visuels autour de tables dans la cour de l'ESA Réunion.

Le Forum Interprofessionnel des Arts Visuels est organisé par L'École Supérieure d'Art de La Réunion, en collaboration avec Cheminement(s) & LERKA.
Le FIAV bénéficie du soutien de la Région Réunion et de la Direction des Affaires Culturelles océan Indien.

Découvrez le programme détaillé ici:
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CONTACT & INFORMATION
Valérie Abella
0692 68 71 77
abellavalerie@gmail.com
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Plan de l'ESA


 

Lecture d'ouverture
Conférence

Céline Roux
Docteur en Histoire de l'art, Céline Roux est chercheur indépendant. Spécialiste des pratiques performatives du champ chorégraphique français, elle est notamment l'auteur de Danse(s) performative(s) (L'Harmattan, 2007) et de Pratiques performatives / Corps critiques # 1-10 (2007-2016) (L'Harmattan, 2016). Conférencière, formatrice et enseignante, elle intervient dans des universités et écoles d'enseignement supérieur ainsi que dans la formation des danseurs. Elle collabore aussi aux projets artistiques de danseurs-chorégraphes contemporains que ce soit pour les archives d'artiste, la production de textes critiques et de projets éditoriaux, ou l'accompagnement dramaturgique. Parallèlement à ses activités sur/pour/autour de l'art chorégraphique, elle pratique le hatha-yoga en France et en Inde depuis plusieurs années.

 

Céline Roux :Reprises, citations, détournements, piratages d'« œuvres historiques » par les pratiques performatives : une autre manière de faire l'histoire
Dans l'idée d'une approche à la fois intellectuelle et sensible du corps performatif et du format de la performance ainsi que de " ses histoires ", il semble intéressant de lier une articulation entre workshop " pratique " et temps théorique sous la forme plus traditionnelle de conférence(s).
Dans le cadre de cette invitation de Lalanbik à la Réunion, voici une proposition de mise en œuvre de cette approche convoquant un ou des temps de conférence (ouvert et accessible à tout public) et un temps de workshop (pour un public plus resservé et investi dans le processus).
Ce temps de travail est proposé depuis mon statu de chercheur et non depuis une place d'artiste.

(c) "Re?trospective", par Xavier Le Roy, 2013


Le mercredi 4 octobre 2017
à 17h30 à la Médiathèque Benoîte Boulard

entrée libre

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